L’artisan de la nature

Jean-Pierre Masclet

Catégorie: ‘Le jardin potager’

Créer ou aménager un potager

juin-9-2009 par Jean-Pierre Masclet

La conception d’un potager ne se fait pas à la légère. Avant de prendre la bêche on commence par examiner ses propres besoins familiaux en légumes et évaluer le temps que l’on peut consacrer à la culture des légumes et des plantes condimentaires.
Bien exploité, un jardin de 10 m de côté suffit à produire pour l’année tous les légumes que peut consommer une famille de quatre personnes.

Les préliminaires

L’idéal est de commencer par trouver un siège confortable où vous pouvez vous asseoir et prendre le temps d’ébaucher des plans.
N’oubliez pas de faire part de vos idées aux membres de votre famille et aux amis qui partageront le jardin avec vous.
A l’aide d’un dessin à l’échelle du jardin existant, dessinez pas à pas un plan adéquat en y intégrant tous les éléments nécessaires.

Evaluer le site

  • Avant de créer un jardin, il est important de prendre son temps pour se familiariser avec le site.
    Une analyse du sol et de la végétation existante donne de précieux indices sur l’état et la fertilité de la terre et renseigne sur la présence éventuelle de parties très utiles ou compacts.
  • Observer la position du soleil au cours de la journée, en vous rappelant qu’en hiver il risque de ne pas dépasser le faîte des arbres ou le sommet des bâtiments. Repérez les coins très ensoleillés et abrités, ainsi que les poches de froid. Notez aussi la direction du vent dominant afin d’envisager la pose de brise-vent.
  • Détectez toute végétation qui peut héberger des petites bêtes utiles.

Des allées assez larges

La solution classique, mais surtout pratique, consiste à cultiver les légumes sur des carrés entourés d’allées. Chaque carré se divise en plusieurs « planches » ou « carreaux » dans lesquelles les différentes espèces sont réparties.
Si la longueur des carreaux importe peu la largeur ne doit pas dépasser 1,2om, afin de faciliter l’entretien.
En prévoyant un sentier de 30cm de large de part et d’autre du carreau, vous allez pouvoir sarcler, arroser ou désherber confortablement les légumes.
Les allées principales entre les différent carrés de légumes doivent mesurer au moins 80cm de large pour permettre le passage des outils encombrants (brouette, motoculteur). Prévoyez un revêtement de gravier ou de bois déchiqueté, afin de pouvoir emprunter ces voies de circulation importantes au sec.

La structure

Tout en jouant avec l’esthétique, gagnez du temps et de l’énergie en structurant bien le potager. Outre de chercher à vous faciliter la plantation, et la circulation, un potager au plan bien connu offre l’avantage de rester attrayant tout au long de l’année , et même de jouer un grand rôle dans le décor du jardin.
Pour bien structurer votre potager, sachez que même en hiver, les principales culture ayant disparu, cet espace doit continuer à offrir un bel aspect.
Ne craignez pas de concevoir un espace géométrique, si au départ il vous paraît dépouillé, vous constaterez vite que la végétation assouplie et camoufle cette rigidité.
A défaut de géométrie, vous préférerez peut être le charme bon enfant du potager fleurit. Le but est alors de créer de véritables massifs , dénués de toute géométrie. On ne parle plus ici de carrés, mais d’espaces de liberté, ou les légumes sont traités avec autant d’attention que les fleurs ; les notions de couleur, de texture et de volume de leur feuillage étant pris en compte avec autant d’intérêt que l’espoir de récolte.

Un espace à vivre

S’il doit être beau, le jardin doit rester pratique. Etablissez une liste des éléments fonctionnels et accordez-leur la priorité.
Il par exemple préférable de placer les plantes aromatiques à proximité de la porte de la cuisine.
Installez un endroit tranquille pour apprécier un bon moment de repos. A l’autre bout du jardin n’oubliez pas d’aménager un espace pour les enfants.

Le compost et les autres recyclages

Tout jardin potager digne de ce nom comporte un endroit pour recycler les déchets végétaux ( mauvaises herbes, plantes , feuilles, épluchures de légumes…) en un ou plusieurs tas de compost. Résistez à la tentation de les placer dans des endroits inaccessibles. Le tas de compost peur être traité comme un élément décoratif.. Il est également utile de disposer d’un emplacement ou empiler temporairement les déchets à composter ou à broyer.

Un point d’eau indispensable

Pour l’arrosage qui s’avère indispensable à certaines périodes de l’année sous nos latitudes, pour le nettoyage des légumes récoltés et des outils.

La faune et la flore indigène

La faune indigène est une précieuse alliée du potager. Outre le fait qu’elle tient compagnie au jardinier, elle joue un rôle vital. A condition de leur offrir un abri adéquat ( une simple planche peut suffire), ces petits animaux , qui vont des microbes aux oiseaux, contribuent à maintenir un jardin prospère, débarrassé des nuisibles.
Les fourrés, les groupes d’arbustes indigènes, les haies mixtes leur fournissent un habitat.

L’hiver au potager

jan-20-2009 par Jean-Pierre Masclet

Le gel raidit la terre, parfois la neige recouvre le sol, la végétation se couvre de givre, c’est l’hiver.

Le potager est endormit, tout au moins c’est ce que l’on croît. Sous cette couverture de froid il y a tout un petit monde qui vit dans le sol. Bien souvent au ralenti, température oblige, mais des petits malins sont descendu assez profond pour ne pas craindre le gel. Ainsi les vers blancs du hanneton passent soit leur premier hiver en dormance ou leur deuxième en préparant leur chrysalide. Les campagnols préparent leur premier nid de l’année.

Le jardinier, ne peut qu’observer les oiseaux recherchant leur pitances dans les arbustes ou les herbes qu’il a volontairement laissés enterre à cette intention.

En attendant sa mise en culture un potager se pense et se prépare. C’est ainsi que la saison se prête à l’entretien des outils.

Faire l’inventaire des graines en stock et commander celles qui nous conviendront lors de la prochaine saison est une belle activité de saison.

Enfin, il est recommandé de faire une rotation de culture au potager, c’est le moment de se documenter et de faire un plan de rotation.

Bon hiver!

Un potager original

jan-20-2009 par Jean-Pierre Masclet

Jusqu’il y a un siècle, des marchands de semences vendaient leurs graines en faisant du porte à porte ; ils contribuaient à la propagation de différentes variétés de légumes et de fleurs. Pendant des millénaires, l’homme a de cette manière activement répandu les plantes les plus diverses…

Alors que le potager est en dormance, il est bon de penser à la saison à venir, d’inventorier son stock de graines de s’informer sur les légumes que nous aimerions cultiver et de la manière de se les procurer.

Actuellement la panoplie des espèces et variétés potagères se développe de plus en plus dans les jardineries. Souvent elles sont le résultat d’hybrides créés par des sélectionneurs et répondant à des critères modernes. L’origine de ces semences est en général certifiée par des grainetiers spécialisés .

Par ailleurs des producteurs de semences biologiques perpétuent les variétés d’autrefois sélectionnées dans les monastères et cultivées dans les campagnes depuis des temps ancestraux. Elles offrent plusieurs avantages :

- La rusticité de variétés indigènes et adaptées au climat.
- La redécouverte de goûts originaux.
- L’adaptation au biotope régional, favorisant le développement de la faune indigène.

Quelques légumes à découvrir :

La bette à tondre (Beta vulgaris) : semis en place de fin avril à juillet.
L’oseille alpestre, famille des polygonacées, vivace aimant les sols humides et humiféres, semis mai-juin.
Le radis rond noir, pour la culture d’automne. Encavé au frais, il se conserve tout l’hiver. Sert à fabriquer un sirop contre la toux.
Le persil racine, bien connu dans les balkans. Racines longues et blanches, pour salade et pot au feu.

En suisse romande, deux producteurs bio, l’un aux Evouettes (Vs), l’autre à Chambrelien (Ne) offrent cette diversité de semences.